Permis de construire
le formulaire, comment le trouver et le remplir
Le formulaire n’est que la porte d’entrée du dossier. Voici quel Cerfa choisir, où le trouver à jour, comment le remplir et ce qu’il faut joindre autour.
Le formulaire de permis de construire est un Cerfa téléchargeable uniquement sur service-public.fr : le 13406 pour une maison individuelle et ses annexes, un autre modèle pour les constructions non résidentielles. Il ne se suffit jamais à lui-même : il doit être complété par un bordereau de pièces jointes pour que le dossier soit recevable en mairie.
- Bon formulaire : Cerfa 13406 pour une maison individuelle et ses annexes.
- Version à jour : uniquement sur service-public.fr, les versions obsolètes sont rejetées.
- Pièces jointes : le formulaire s’accompagne d’un bordereau, indispensable au dossier.
- Délai : 2 mois d’instruction pour une maison individuelle, permis valable 3 ans.
Quel formulaire utiliser selon son projet
La première erreur, la plus fréquente, consiste à confondre les régimes d’autorisation avant même d’ouvrir un formulaire. Le code de l’urbanisme distingue deux familles de démarches selon l’ampleur du projet : la déclaration préalable pour les travaux de faible importance, et le permis de construire pour les projets qui créent une surface significative ou modifient la structure porteuse d’un bâtiment. Cette architecture, posée par la réforme des autorisations d’urbanisme de 2007, reste la charpente du système actuel — et c’est un point utile à garder en tête : le numéro de version d’un formulaire change au fil des arrêtés, presque chaque année, mais la logique d’ensemble, elle, n’a pas bougé depuis près de vingt ans. Il faut distinguer l’événement conjoncturel du mouvement structurel : une nouvelle version de Cerfa n’annonce presque jamais un changement de régime, seulement une mise à jour de forme.
Pour une maison individuelle et ses annexes — construction neuve, extension, garage ou piscine sur la même parcelle —, le formulaire de référence est le Cerfa 13406. Il faut le distinguer du formulaire utilisé pour les autres types de construction (immeuble collectif, local professionnel, bâtiment agricole), qui suit un modèle différent, structuré autour des mêmes principes mais avec des rubriques adaptées à des projets plus complexes. Se tromper de formulaire à ce stade n’est pas anodin : le service instructeur peut requalifier la demande, ce qui allonge les délais plutôt que de les raccourcir.
Où trouver la version à jour du formulaire
Les formulaires Cerfa évoluent par arrêté, à un rythme qui n’a rien de spectaculaire mais qui suffit à rendre obsolète, en quelques années, une version imprimée ou téléchargée sur un site tiers. Seul service-public.fr garantit la diffusion de la version en vigueur. Les guichets dématérialisés des communes, de plus en plus nombreux depuis que la loi impose aux communes de plus de 3 500 habitants de pouvoir recevoir les demandes d’autorisation d’urbanisme par voie électronique, rejettent en général les versions antérieures dès leur dépôt — une évolution structurelle de la procédure, plus qu’un simple confort technique.
Certains sites privés proposent le formulaire en échange d’un accompagnement payant, parfois utile pour un projet complexe, mais rarement nécessaire pour un dossier simple. Vérifiez toujours le numéro de version indiqué en bas du document avant de le transmettre.
Comment remplir le formulaire sans se tromper
Le formulaire suit une logique linéaire, mais chaque rubrique appelle une rigueur particulière — c’est précisément là que se concentrent les erreurs qui font revenir un dossier.
Les informations sur le terrain et le demandeur
Les premières pages identifient le demandeur, le ou les propriétaires du terrain le cas échéant, puis la parcelle elle-même par ses références cadastrales. Une incohérence entre les références cadastrales déclarées et celles du relevé de propriété est un motif classique de dossier jugé incomplet. Quand le terrain est détenu en indivision ou par une société, chaque situation doit être documentée précisément — c’est un point où l’approximation coûte du temps, pas de l’argent.
La description du projet et les surfaces
Le cœur du formulaire porte sur la nature des travaux et le calcul des surfaces : surface de plancher créée, emprise au sol, hauteur. Ce calcul suit des définitions précises fixées par le code de l’urbanisme, qui ne coïncident pas toujours avec l’intuition du particulier — une véranda ou un garage attenant, par exemple, entrent dans le calcul de la surface de plancher dans des conditions qui méritent d’être vérifiées avant de remplir la case. Une erreur ici ne se limite pas à une formalité : elle peut faire basculer un projet d’un régime de déclaration préalable vers un régime de permis, ou inversement.
Les pièces à joindre au formulaire
Le formulaire seul ne constitue jamais un dossier recevable. Il s’accompagne d’un bordereau de pièces jointes, référencées PCMI1 à PCMI28, dont la composition exacte dépend de la situation du terrain et du bâtiment concerné : plus le projet est simple, plus le périmètre des pièces obligatoires se limite aux huit premières.
| Pièce | Contenu |
|---|---|
| PCMI 1 | Plan de situation du terrain |
| PCMI 2 | Plan de masse des constructions à édifier ou modifier |
| PCMI 3 | Plan en coupe du terrain et de la construction |
| PCMI 4 | Notice décrivant le terrain et présentant le projet |
| PCMI 5 | Plan des façades et des toitures |
| PCMI 6 | Document graphique d’insertion dans l’environnement |
| PCMI 7 | Photographie situant le terrain dans l’environnement proche |
| PCMI 8 | Photographie situant le terrain dans le paysage lointain |
Les pièces PCMI9 à PCMI28 s’ajoutent selon la spécificité du terrain — proximité d’un site protégé, raccordement particulier, servitude — et sont documentées au cas par cas sur le bordereau remis avec le formulaire. Cette architecture en deux temps, formulaire puis bordereau, explique une bonne partie des dossiers renvoyés pour incomplétude : le demandeur remplit correctement le formulaire, mais néglige une pièce dont l’absence suffit à bloquer l’instruction.
Délai d’instruction et validité une fois le permis obtenu
Pour une maison individuelle, le délai d’instruction standard est de deux mois à compter du dépôt d’un dossier complet. Ce délai peut s’allonger dans certaines configurations — proximité d’un monument historique, secteur protégé, avis de l’architecte des Bâtiments de France requis — sans qu’il soit possible de généraliser un chiffre unique pour ces cas particuliers : l’estimation reste une évaluation pondérée par la situation du terrain, pas une donnée fixe. La mairie dispose par ailleurs d’un mois pour signaler qu’un dossier est incomplet ; passé ce délai sans notification, le dossier est réputé complet.
Une fois délivré, le permis de construire reste valable trois ans. Les travaux doivent être engagés dans cet intervalle, sous peine de voir l’autorisation périmée — un régime dérogatoire, plus long, avait temporairement existé pour les autorisations délivrées entre 2022 et 2024, mais il ne s’applique pas aux demandes déposées aujourd’hui. Là encore, la prudence commande de ne pas confondre une mesure conjoncturelle, propre à une période donnée, avec la règle structurelle qui s’applique par défaut.
Erreurs fréquentes qui retardent ou bloquent le dossier
Les causes de rejet ou de demande de complément se répètent d’un dossier à l’autre plus qu’on ne l’imagine, au point qu’une analyse un peu méthodique des motifs de retour suffit à en dresser une liste stable dans le temps.
Formulaire dans une version obsolète
Un Cerfa téléchargé sur un site tiers, non mis à jour depuis un arrêté récent, est rejeté dès le dépôt du dossier.
Surfaces incohérentes entre formulaire et plans
Les surfaces déclarées dans le formulaire doivent correspondre strictement à celles figurant sur les plans joints, au risque d’une demande de complément.
Pièce manquante au bordereau
L’absence d’une seule pièce mentionnée sur le bordereau, ou une notice descriptive trop vague, suffit à faire juger le dossier incomplet.
Quel formulaire utiliser pour construire une maison individuelle ?
Le Cerfa 13406, dans sa version en vigueur au moment du dépôt, couvre la construction, l’extension et les annexes d’une maison individuelle sur une même parcelle.
Peut-on remplir le formulaire sans passer par un architecte ?
Oui, pour un particulier construisant pour lui-même, tant que la surface de plancher totale du projet après travaux reste sous 150 m². Au-delà, le recours à un architecte devient obligatoire ; les sociétés (SCI comprises) y sont soumises sans exception, quelle que soit la surface.
Que se passe-t-il si le formulaire est mal rempli ?
La mairie peut notifier le dossier comme incomplet et demander les pièces ou corrections manquantes, ce qui suspend le délai d’instruction jusqu’à réception de la réponse.
Un dossier pensé dans l’ordre où l’administration le lit — projet, surfaces, pièces justificatives, cohérence d’ensemble — traverse l’instruction sans accroc plus souvent qu’un dossier rempli dans l’urgence.